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| Tout sur la monétique en Algérie avec Newel Benkritly, DGA de la SATIM |
Où en est la modernisation du système bancaire algérien ? Melle Newel Benkritly, directrice-générale adjointe de la Société d'Automatisation des Transactions Interbancaires et de Monétique (SATIM), filiale des banques publiques et d’Al Baraka, nous parle de l’état d’avancement de la monétique en Algérie et des projets du secteur. Où en est la monétique en Algérie ?
La monétique c’est vaste, c’est plusieurs projets. On a démarré par le retrait sur des distributeurs (DAB). Maintenant, c’est parti sur une bonne voie. Il y a un programme d’installation d’environ 100 DAB par an, à l’échelle nationale, aussi bien les banques qu’Algérie Poste. En plus d’un programme d’émission de cartes assez ambitieux. En interbancaire, nous sommes à près de 10.000 transactions par jour. Sans compter les retraits effectués par les détenteurs de carte d’Algérie Poste. Donc ça se chiffre à près d’un million de transactions par jour, sur un total de 5 millions de cartes en circulation dont quelque 100.000 cartes bancaires qui servent aussi bien au paiement qu’au retrait. L’utilisateur attend surtout de pouvoir payer avec sa carte.
Où en est le projet de paiement par Internet des billets d’Air Algérie annoncé pour janvier 2010 ? Il est prêt depuis janvier dernier, mais il faut le faire valider au niveau de toutes les instances, avant de le mettre en production. Nous avons présenté les essais nécessaires, nous avons expliqué les questions de sécurité sur Internet, car des garanties doivent êtres données à tout le monde, aussi bien la compagnie que le secteur bancaire et l’utilisateur final. On devrait démarrer réellement d’ici fin juin. Tout est installé. Les sites Web ont été développés et testés avec des cartes en circulation.
Des craintes que des comptes bancaires soient piratés ? Non, toutes les sécurités ont été mises pour éviter les intrusions et les vols d’informations sur Internet. C’est protégé en amont, au niveau de la plateforme de paiement en ligne de la SATIM et d’Air Algérie. La crainte se situe plutôt au niveau de l’utilisation de la carte par le client. Internet c’est très consommateur. On peut être tenté sans avoir les soldes nécessaires pour effectuer la transaction. Car, pour le moment, nous travaillons à une image solde à J-1 et non pas en temps réel. Il y a très peu banques qui peuvent travailler en temps réel.
C’est tout l’objet de la réforme. Les banques doivent revoir leur système d’information bancaire (global banking) pour qu’il soit à jour, et assainir le ficher clients pour avoir les bonnes informations, notamment en terme d’adresses. Pour le moment, les agences bancaires sont autonomes. Elles rapatrient l’information, dans le meilleur des cas, en fin de journée. C’est pour ça qu’on a un décalage à J-1. C’est historique, parce qu’à l’époque les télécoms n’étaient pas performants.
La centralisation est donc une condition sine qua non avant de lancer le e-commerce ? Les instructions de la Banque d’Algérie (BA) font qu’un particulier ne peut pas passer débiteur. C’est un délit. On accorde à une entreprise un découvert, mais pas à un particulier. C’est de là que vient la nécessité d’être en temps réel pour vérifier le solde du client. Demain les choses peuvent évoluer. La BA s’équipe pour avoir une centrale des risques, ça veut dire que demain on peut accorder des crédits à des particuliers. On peut même accorder un salaire de découvert, c’est ce qu’on appelle le « crédit revolving » utilisé actuellement en Tunisie. Il y a toute une réglementation à mettre en place. Au client ça paraît lent, mais pour nous, en interne, il y a énormément de boulot qui est entrain d’être fait. En clair, les autorités on peur que le client dépense son argent sans compter ? Les autorités ont peur d’un risque systémique. Qu’il y ait quelques cas, ce n’est pas grave, c’est gérable. Simplement, il faut démarrer avec une bonne règle au départ, de façon à éviter qu’une banque qui fasse mal son boulot et qui entraine les autres banques. Parce qu’à l’inverse d’un chèque, le paiement avec une carte est garanti. Une fois que le client utilise sa carte, qu’il introduit son code confidentiel, et que tout est validé par le système, il ne peut plus dire je n’ai pas fait cette transaction, et sa banque doit payer la banque du commerçant. Après, si elle a un problème, elle se retourne contre son client. Cette garantie doit donc être couverte, par des outils de contrôle nécessaires. La banque ne peut pas donner la possibilité de payer par Internet à n’importe qui. Toutes les banques publiques avancent au même rythme ? Sur le retrait, oui, sur l’émission de cartes, il y a encore quelques unes qui sont encore à la traine.
Les leaders sont le CPA, la BEA et la BNA. C’est normal, elles ont un portefeuille de clients très important. Des sites Web en Algérie proposent des services de e-commerce, comme l’achat de cartes Visa. Ceci prouve que l’Algérien est prêt.
Ce n’est pas illégal ? Ce n’est pas interdit. Mais à un moment donné il va bien falloir mettre en place quelque chose de normal qui réponde à une législation locale. Il n’existe pas encore de législation qui protège le consommateur dans le cas du e-commerce, contrairement à la partie retrait et paiement. On va démarrer avec des sites comme celui d’Air Algérie, et demain il y aura d’autres compagnies aériennes et d’autres enseignes locales.
D’autres projets de e-paiement qu’Air Algérie ? Les autres compagnies aériennes, comme Aigle Azur et Air France, nous ont également sollicité pour ce produit. Nous sommes aussi en discussion avec Djezzy, le Groupe Hachette, via sa filiale algérienne Sedia, ainsi que Cevital et bien d’autres enseignes. Pour les compagnies aériennes, c’est plus facile, parce qu’on peut savoir immédiatement si le client a reçu quelque chose en échange de son paiement. Pour la grande distribution, ce n’est pas pareil. Il y a la livraison derrière. Il faut protéger le client final.
Nous n’avons pas la même histoire. Nous avons subit un retard de plusieurs années, pendant ce temps, ils ont beaucoup avancé. Technologiquement, nous n’avons rien à leur envier. C’est juste qu’en termes de mentalité, il faut que ça évolue à tous les niveaux.
Oui, mais ce même client est fonctionnaire, il est employé, et il est sceptique ! C’est notre nature. Nous avons besoin d’êtres convaincus.
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