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Mardi, 19 Juin 2018

  •   Ferhat Ait ALI
  • mercredi 13 juin 2018 12:53

Renégociation des contrats Algériens du Gaz, entre impératifs du marché et courte vue de l'administration (contribution)

 

C’est un enjeu essentiel de la balance devise des prochaines années que décortique cette contribution de Ferhat Ait Ali. Comment l’Algérie peut-elle éviter que la déconnexion de ses exportations du gaz naturel des contrats à long terme vers l’Europe ne provoquent pas une dépression de revenus des exportations gazières ?

 

 

Dans les cadre de l'étude des multiples accords internationaux,  et autres conventions commerciales avec  différents partenaires, une donnée de base pesant sur les positions des uns et des autres, semble souvent être occultée dans les prises de positions, sur la perspicacité de telle ou telle orientation au moment ou elle a été choisie, et ses effets futurs , prévus ou imprévus.

Et la balance commerciale Bilatérale avec les divers partenaires du pays, est justement cet élément clé, qui a été occulté au regard de l'opinion publique, dans le commentaire ou l'appréciation des décisions prises à un moment donné avec divers partenaires, et maintenues ou révisées à un autre moment avec  ces mêmes parties.

L'exemple le plus frappant étant celui des Relations avec l'Europe, et particulièrement trois pays clés pour notre devenir économique, soit dans l'ordre, l'Italie, l'Espagne et la France.

L'accord d'association avec l'Union Européenne étant l'exemple Type de contrats politico économiques négociés, à une période donnée, et mis à mal à une autre période par les considérations internes des uns et des autres.

Contracté en 2001 et mis à exécution en 2005, cet accord, boiteux dans sa finalité, reposait quand même sur deux constats,  valables à cette époque précise,  soit la qualité de premier client de l'Algérie pour ses exportations d'hydrocarbures, et de premier fournisseur pour ses besoins en équipements et produits de consommations courante.

Ces deux constats mal exploités par la partie Algérienne piégée à l'époque par des cours du pétrole très bas et une dette qu'il fallait assumer et pas encore apurée, ainsi que par des considérations politiques relatives aux séquelles des années précédentes.

  L’Europe client captif ou débouché captif ?

 Mais ces faits économiques sont toujours d'actualité en 2018, avec quelques changements dans les choix et options des deux parties liées par ces échanges.

Et il se trouve que l'Europe est le principal client pour nos hydrocarbures depuis les années 80, et que depuis 2001 à ce jour,  sans cette cliente de taille, le gros de nos hydrocarbures resterait là ou il est.

En effet,  les Pays de l'UE, achètent  90% de notre Gaz livré à l'état gazeux, contre 98% en 2001, 60% de tous nos hydrocarbures gazeux contre 67% en 2001, 42% de notre pétrole contre 50% en 2001 et 58%  de toutes nos ventes d'hydrocarbures contre 65% en 2001.

En contre partie, on lui achète 44% de nos importations, contre 62% en 2001, ce qui ne veut pas dire qu'il y déséquilibre, en matière de balance commerciale dans la mesure où nos importations de 2017, sont supérieures de 35% à nos exportations,  et que le gros des services profite aux sociétés européennes.

Mais l'UE ne l'entend pas de cette oreille, et estime que certains intervenant sur le marché Algérien, en tant que concurrents, n'achètent pas au même volume à l'Algérie, et pour certains comme la chine, n'achètent pas du tout.  A cette logique, nous pouvons opposer la compétitivité commerciale et la logique du marché, mais à condition de s'en tenir à cette logique dans ses régulations économiques, ce qui n'est pas notre cas présentement.

 L’Espagne, l’Italie et la France concentrent les flux

 Et en parlant de l'UE, il faut aussi préciser que trois pays, concentrent 80% des chiffres cités plus haut en matière de commercialisation d'hydrocarbures algériens, et 50% en matière de commerce avec ce continent, ce qui n'arrange pas les choses, dans les négociations avec eux.

Ces trois pays, sont l'Italie, l'Espagne et la France, pays avec lesquels le contrat sur le Gaz arrivent à échéance et doivent être renouvelés par des négociations ou chacun mettra ses cartes sur la table.

Et en guise de cartes, la donne à changé en notre défaveur depuis 2001, et particulièrement dans le domaine du gaz, ou le marché a été inondé avant celui du pétrole par les excès de production américains.

Aujourd'hui, les clients principaux cités ci-dessus, qui étaient en position de demandeurs pour nos hydrocarbures, à un moment ou le marché mondial était serré pour le gaz, et ou les investissements mixtes n'avaient pas été amortis pour les gazoducs, ne sont plus dans la même stature, ou ils ne pouvaient pas nous compter leurs achats comme un élément d'équilibre de notre balance commerciale avec eux.

L'offre mondiale sur le Gaz toutes formes confondues est telle que les Hubs européens ne vont pas tarder à s'aligner sur les prix américains, sous l'effet de l'offre diversifiée dont l'américaine elle-même, et ce facteur n'incite pas les principaux pays liés par des contrats avec l'Algérie, à les renouveler aux mêmes conditions qu'avant.

Notre dépendance vis-à-vis du marché européen, et plus grave vis-à-vis de trois pays, dont un plus preneurs que les autres, soit l'Espagne, incite à plus de prudence dans les négociations futures.

La remarque de Mariano Rajoy, sur le fait que la céramique espagnole était cuite avec du gaz Algérien, est à prendre au sérieux,  comme une forme de réplique à l'interdiction d'importation de ce produit prise par l'administration Algérienne, à la demande de producteurs locaux, qui n'ont pas été coulés par la concurrence espagnole, mais par un management empirique et les coups aux flancs par les banques et entre eux, pour ceux qui ont coulé.

 Face à la Sonatrach des négociateurs sans fils à la patte

 Si le Qatar se pointe sur le marché d'Europe du Sud, et  que les USA font de même, négocier les mêmes quantités aux mêmes prix, risque d'être difficile, et ne pas accorder de compensations commerciales aux clients traditionnels, compliquera d'autant plus la tache, car il ne faut pas oublier que les compagnies européennes ne sont pas entre les mains des états, et qu'elles ne sont pas plus prêtes à travailler à perte,  que les contribuables ne sont prêts à les subventionner pour payer plus cher un produit qui se trouve ailleurs moins cher.

Si la sonatrach a un ou plusieurs fils à la patte, et une gouvernance empirique, ce n'est pas le cas d'Enie, ni d'Endesa ou Iberdrola, et encore moins de GDF.

Ces gens connaissent aussi bien leurs intérêts, que leurs points forts et faibles, et ils essaient toujours avec succès de compenser leurs points faibles et de pousser leurs points forts en avant, face à des négociateurs ayant plusieurs ceux du présent, autrement on n'aurait jamais du arriver à concentrer 60% de nos chiffres d'exportation globales et 70% du Gaz en Europe dont 80% du tout chez ces trois pays.

Cela s'est fait dans les années 80, après la visite de François Mitterrand et la réorientation vers l'Europe de l'intégralité de l'establishment  politico-militaire local, qui n'est ni formé ni formaté pour faire la mesure des choses, en dispersant ses intérêts et partenariats sur plusieurs théâtres et en les équilibrant.

Après un période de coopération poussée avec les américains et la japonais, et une perspective de renforcement des relations avec les USA, au point de déséquilibrer les relations avec l'Europe, nous  avons rebasculé d'un coup dans les giron européen, dans des proportions devenues un véritable carcan avec le temps.

Maintenant le constat est fait, et difficile à renverser dans l'immédiat sans dégâts majeurs,  ils nous ont acheté en 2017, pour 22 Milliards de dollars de produits énergétiques sur les 31 milliards exportés, et ils peuvent les compenser au pied levé sur le marché, ou nous ne représentons strictement rien qui soit impossible à remplacer pour n'importe quelle partie partenaire, 1,2% du gaz mondial exporté, et 1% du pétrole, ne sont pas si difficiles que cela à remplacer s d'aventure il y avait conflit d'intérêts.

Ce qui explique en partie, la complaisance de nos abonnés à la rente vis-à-vis de certaines parties européennes,  qui contraste avec les discours de consommation locale, et les contentieux verbaux vite étouffés par la valse des intérêts.

 Pour les Oppositions idéologiques ou folkloriques, qui entre deux croissants mal digéré faute d'activité productive, trouvent le temps de faire dans le Nationalisme Tonitruant, je dirais qu'il fallait le faire techniquement quand le piège se refermait sur nous, et que maintenant celui qui peut trouver un client pour 45 Milliards de M3 de gaz, et 350Millions de Barils de pétrole et condensats, autre que l'Europe, nous éclaire de ses lumières ou nous dispense de ses vocalises.

  Les Etats Unis conseillés ou concurrents ?

 Les États unis, actuels conseillers et mentors de certains décideurs dans le secteur des hydrocarbures chez nous, sont un bon appui technique dans les domaines de l'exploration et de la valorisation des hydrocarbures, mais un mauvais client passé, et une impasse future pour nos produits, étant eux même soit autosuffisants soit exportateurs.

En ce sens ils sont un concurrent dangereux, et un très mauvais conseiller, dont certains conseils comme celui relatif au gaz de schistes dont ils ne veulent être chez nous que des fournisseurs de services et équipements, et jamais des investisseurs, sonnent comme un combine de texans en quête d'un bon coup, utilisant certains pisteurs indiens, comme carte de visitez locale.

La moindre des choses, étant d'exiger d'eux que moyennant leurs conseils rétribués et leurs services facturés très cher, ils soient preneur d'une large partie de ce qui se produit chez nous, histoire de renforcer nos capacités de négociation face à l'Europe.

Mais je doute fort qu'ils le fassent, eux qui ont conseillé dans leur dernière étude payée par Sonatrach, de mettre la moitié du gaz disponible sur les marchés Spot, soit exactement ce que veulent les européens pour le gaz liquéfié, et qui verra un alignement du gazeux sur son congénère liquide juste après.

 Ce qu’annonce la fin des contrats à long terme à l’ancienne

 En conclusion, si notre gaz devait être déconnecté des contrats à long terme et s'aligner sur le marché mondial actuel, avec une moyenne de 5 Dollars le MBTU,  appelée à baisser dans les années qui viennent, on ne pourra en tirer que  7 milliard de dollars par an, au mieux, et si le marché s'aligne sur les cours aux USA, au maximum 4 milliards de dollars, dont il faudra extraire les parts des étrangers et les charges de production, soit pratiquement rien pour le trésor toutes charges payées.

Et là, nous sentirons le vent du Boulet, parce que le pétrole Algérien à 70 dollars le Baril c'est 24,5 Milliards de dollars, et à 100 35 Milliards de dollars, et si le Gaz plonge à 7 Milliards on aura 31,5 à 70 ou 42 à 100 soit moins que nos importations, mais si le pétrole replonge à 50 c'est la Berezina avec  24,5 Milliards de dollars de recettes Totales.

Il faudra de ce fait, négocier prudemment, en mettant le soin à ne pas trop faire de vague avec les intérêts de pays comme l'Espagne qui achète plus de Gaz Algérien que l'Italie et la France réunies.

Surtout quand cela touche des produits, dont les montants ne sont pas une ruine, et qui devront de toute manière baisser tous seuls du fait de la raréfaction des moyens locaux pour les payer.

Des taxes préférentielles pour le produit local suffisent, et sont plus conformes aux usages commerciaux et à notre situation de dépendance à double flux avec l'Europe.

Et comme dernière remarque, je poserais une question au héraut de la dépendance aux hydrocarbures pour de longues années, pour financer selon leur dires "l'économie Nationale" comme ressource principale par honte dédire unique.

Est-ce qu'au vu des chiffres énoncés ci haut comme perspectives optimistes et non pessimistes, vous comptez nous maintenir dans cette fourchette misérable de revenus durant des décennies, juste pour justifier votre petite croûte et votre raison d'exister?

Parce que pour moi, si dans vingt ans, nous continuerons à vivre de cette misère sans rien produire d'exportable à hauteur d'au moins 40 milliards de dollars hors hydrocarbures, autant une mort subite que cette agonie à écouter des élucubrations de dérivées secondes du pétrole en costume cravate.

Dans la vie, les perspectives sont deux, avancer ou disparaître, le statu quo est une option temporaire valable dans une morgue ou o peut exister sans exister.


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