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Écrit par Boualem Alami    Jeudi, 29 Juillet 2010 10:23    PDF Imprimer Envoyer
La pêche, une filière qui rapporte gros au Maghreb

La pêche prend le statut d’une véritable industrie au Maroc et en Tunisie. En Mauritanie, c’est la surpêche qui menace alors que l’Algérie reste à la traîne. Etat des lieux d’un paysage maghrébin contrasté de la pêche.

 

 

Au Maghreb, le poisson rapporte beaucoup d’argent et la pêche emploie une main d’œuvre importante. Au Maroc et en Tunisie, la filière, devenue industrielle, est un segment névralgique de l’économie locale. En Algérie, elle reste à la traîne, avec une modeste production, qui ne suffit même par à atteindre «les minimas» de consommation par tête d’habitant, selon les standards de la FAO. En Mauritanie, par contre, les ressources halieutiques sont menacées par la surpêche.

La pêche dans les pays du Maghreb est une activité économique qui rapporte gros. Globalement, le secteur participe à hauteur de 3 à 5% dans le PIB de quatre pays : Algérie, Maroc, Mauritanie et Tunisie. Bien plus que les autres secteurs, la pêche autant côtière que continentale ainsi que celle d’élevage est un formidable gisement d’emplois directs et indirects, en permanente expansion.

 

Tunisie : Un secteur dynamique

En Tunisie, la pêche est un segment très protégé de l’économie locale. Les recettes du pays avoisinent, les bonnes années, presque 500 millions de dollars. Du Golfe de Gabes aux îles Kerkennah, la pêche est pratiquée par plus de 100.000 pêcheurs professionnels et artisanaux. En 2009, la production halieutique de la Tunisie s’est établie à 99.400 tonnes contre 100.500 tonnes en 2008. Cette décrue est imputée à la baisse des prises pélagiques, et de la pêche côtière et au chalut. Par contre, la production aquacole a enregistré une hausse de 4.324 tonnes dont 3.197 tonnes de poissons élevés dans les eaux de mer et 1.127 tonnes produites en eau douce. Quant aux exportations de poissons, y compris les conserves de poissons, elles ont atteint en 2009 19.200 tonnes, soit pour une valeur de 205,4 millions de dinars contre 21.400 tonnes pour une valeur de 250,4 MD en 2008. Avec une production moyenne annuelle de 100.000 tonnes, le secteur de la pêche contribue à hauteur de 7% de la valeur globale de l'agriculture tunisienne et de 1,1 % au produit national brut (PIB). Il s'agit de la deuxième position au niveau des exportations agricoles (après l'huile d'olive) avec une valeur moyenne oscillant entre de 100 et 200 millions de dinars. En moyenne, le Tunisien consomme 11 kilos de poisson par an.

 

Une industrie à part entière au Maroc

Au Maroc, la pêche est devenue une industrie à part entière. Plus d’un million de tonnes pêchées chaque année et un chiffre d’affaires de presque un milliard de dollars. Le secteur marocain de la pêche maritime a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de plus de 7,88 milliards de dirhams (985 millions de dollars), pour un niveau global de captures de 1,017 millions de tonnes, soit une hausse de 24% en valeur et de 15% en volume, par rapport à l'année 2007. En 2009, la production totale de poisson, pour l’ensemble des pêcheries, avait atteint 1,07 million de tonnes, en hausse de 13% par rapport à 2008. Mais, en valeur, les recettes chutaient de 5% à 4,26 milliards de dirhams. Au Maroc, la filière pêche emploie plus de 10.000 personnes directement ou non, toutes catégories de pêches confondues.  A l’horizon 2020, le Maroc, qui a mis en œuvre en 2009 un programme ambitieux dénommé «Halieutis» pour développer la filière avec un investissement de 6,6 milliards de dirhams, veut créer quelques 20.000 emplois directs dans le secteur. Le secteur représente 10 % du volume global des exportations et 2,5% du PNB. A fin mars 2010, le Maroc a exporté des produits de la pêche pour une valeur de 386,6 millions de dirhams (1euro=11,2Dhs), représentant un tonnage de 26.600 tonnes. L’objectif est d’augmenter la part de marché mondiale du Maroc sur les produits de la mer pour passer de 3,3% en 2010 à 5,4% en 2020. Le pays veut aussi être leader mondial sur tous les produits issus de la sardine. Le secteur marocain de la pêche maritime a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de plus de 7,88 milliards de dirhams (985 millions de dollars), pour un niveau global de captures de 1,017 millions de tonnes, soit une hausse de 24% en valeur et de 15% en volume, par rapport à l'année 2007.

 

L’Algérie à la traîne

Comparativement au dynamisme constaté au Maroc et en Tunisie, la filière reste peu productive en Algérie. Jamais tournée vers l’exportation, la pêche en Algérie reste modeste, artisanale et peu orientée vers une modernisation de la flottille. La production halieutique nationale reste faible. En moyenne, ce sont 187.000 tonnes pêchées chaque année, et jusqu’à 220.000 tonnes les bonnes années. Pour développer la filière, l’Etat a mis en place en 2000 un programme intégré pour améliorer la production halieutique et la porter à 274.000 tonnes à l’orée de 2020. Ce programme, intitulé "Plan d'orientation du développement des activités halieutiques et d'aquaculture", compte relancer la production halieutique maritime et continentale. La production projetée pour 2025 est d’environ 221.000 tonnes pour la pêche maritime et 53.000 tonnes pour la pêche continentale à travers les différents projets d'aquaculture. Mais, cela n’est pas suffisant pour améliorer la situation d’un secteur qui n’exporte que de très faibles quantités de crevettes royales, à moins de un million de dollars par an. L’Objectif de consommation de 8 kg/an/habitant n’est pas également atteint. Bref, la pêche en Algérie reste un secteur à… la traîne.

 

Mauritanie : La surpêche menace

En Mauritanie, la pêche est une seconde nature des habitants. Plus de 3.000 pirogues de pêche, quelques 15.000 artisans pêcheurs, 2500 marins pêcheurs embarqués dans les navires-usines, et plus de 10.000 employés «à terre» toutes filières confondues, selon des chiffres officiels. A elle seule, la Mauritanie produit l’équivalent des trois autres pays maghrébins, mais, les chiffres réels restent obscurs. La plupart des navires ayant une licence de pêche dans les eaux territoriales mauritaniennes, notamment ceux pour la pêche aux céphalopodes, ne communiquent que rarement leurs prises. Globalement, les recettes d’exportation de la Mauritanie sont tirées à plus de 52% du poisson, et plus de 25% des recettes totales du pays. En moyenne annuelle, la production est estimée à plus d’un million de poisson et céphalopodes déclarée. Les bateaux de pêche européens, ramené à moins de 200 en 2008 après un avenant à l’accord de 2006 avec l’UE, pratiquent dans les eaux territoriales mauritaniennes «une surpêche non déclarée», selon des ONG. Mais, pour avoir revu à la baisse le nombre de bateaux, la Mauritanie ne reçoit plus de la commission européenne que 86 millions de dollars qui baisseront en 2012 à 70 millions de dollars. C’est le prix à payer pour limiter les effets dévastateurs de la surpêche, qui menace l’abondante biomasse en Mauritanie.

 

 

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Commentaires  

 
#1 accords avec UE — mehdi 29-07-2010 11:26
le secteur de la pêche peut représenter à moyen terme une véritable industrie performante au maghreb. Il faudra cependant faire attention dans les années à venir aux accords de pêche signés avec l'union européene qui se comporte comme des braconniers sur nos côtes. Oui à un accord qui satisfasse les pays du maghreb et les pays européens par la mise en oeuvre de joints-ventures et d'investissements en commun dans la créations de sociétes mixtes, d'acquiistions de matériels trés performants en vue de pêcher dans les eaux internationales , l'aménagement de cités industrielles de la péche et de ports halieutiques etc... mais Non à la surexploitation et à la colonisation de nos richesses.
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