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| Les entrepreneurs, derniers défenseurs du Maghreb |
Hormis quelques vieux militants, tenaces malgré les verrouillages politiques, les hommes d’affaires sont devenus les seuls défenseurs actifs de l’intégration maghrébine. Le cout du non-Maghreb, thème ressassé avec patience à chaque rencontre des hommes d’affaires, est, aux yeux de ces hommes d’affaires d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie, est une aberration à traiter en priorité. Avec un manque à gagner de 2 points de PIB annuel pour chaque pays (1 % représente plus de 10 milliards de dollars de valeur ajoutée), ce non-Maghreb relativise en effet de manière considérable la course aux IDE à laquelle se livrent les pays concernés. Des économistes considèrent qu’une intégration maghrébine sérieuse est de nature à générer une croissance de 1 à 4% avec des effets immédiat sur l’emploi d’autant qu’il s’agirait d’une croissance solide non dépendante des aléas de la conjoncture (cours du pétrole, pluviométrie).
Le cout du non-Maghreb est en effet plus élevé que l’absence d’intégration avec l’Europe. L’affaire de l’Union pour la Méditerranée a montré qu’une grande partie de l’Europe ne considère pas qu’une intégration de la rive sud constitue une priorité européenne.
A la veille du second forum, tenue en mai 2010, M. Hédi Djilani, patron des patrons tunisiens (UTICA) se disait convaincu qu’un marché maghrébin ouvert existera bien, tôt ou tard. «Notre plus grand souhait c’est que la politique prenne enfin en considération la volonté des hommes d’affaires à créer l’Union du grand Maghreb» avait-il dit. La formule de reproche doux adressée aux politiques indique clairement les limites des hommes d’affaires maghrébins. S’ils sont convaincus que le Maghreb intégré profitera à tous, ils sont néanmoins trop dépendant du politique, y compris au Maroc ou en Tunisie, pour se permettre de critiquer ouvertement leurs gouvernements respectifs. La question démocratique qui se pose pratiquement dans les mêmes termes dans les pays du Maghreb empêche l’émergence d’une classe d’entrepreneurs autonomes. Tout comme elle entrave le Maghreb. Abdelhamid Mehri, porte-parole de la conférence historique de Tanger d’avril 1958, l’a déjà noté : « L’esprit profondément maghrébin de la conférence de Tanger, que les régimes œuvrent à étouffer, aurait, dans un contexte démocratique, créé des dynamiques permettant de dépasser le blocage. C’est pour cela que je dis que la démocratie et le Maghreb marchent de pair ». Les entrepreneurs qui continuent, vaille que vaille, à défendre la mise en place d’un marché maghrébin devront sans doute se résoudre à prendre le risque de faire de la politique…
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Commentaires
Ces études sur le manque de croissance à cause du non-Maghreb me font rire... Si ces chiffres doivent etre vrais pour nos voisins, je ne vois pas comment l'Algerie peut tirer le moindre profit de l'UMA... On ne fabrique rien de concurrentiel et à part un marché je ne vois ce que l'Algèrie peut apporter au Maghreb...
Il faut arreter ces hypocrisies. Si l'UMA ne s'est pas faite c'est qu'il n y a pas un interet mutuel. Il n y a pas de Maghreb sans convergence économique et évidement, la nouvelle politique du 'patriotisme économique' n'est pas faite pour nous y rapprocher...
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