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Dimanche, 27 Mai 2018

  •   Lynda Abbou
  • mercredi 16 mai 2018 17:26

La realpolitik malmène la grille des programmes TV de Ramadhan

La disparition de grandes productions de Ramadhan, révélatrice de la réalité des chaines de télévision privées en ces temps de précampagne présidentielle. 

 

« Les autorités publiques mettent la main sur  la grille des programmes des chaines de télévisions privées  en ce dernier mois de ramadhan d’avant les présidentielles de 2019 » affirme un observateur de la scène audiovisuelle algérienne.

Les chaines satellitaires algériennes de droit privé, ont cette particularité d’êtres de droit étranger  et ce depuis la libéralisation partielle du secteur audiovisuel qui a maintenu ces chaines avec un statut plus que précaire. Cette situation a créé une opacité dans les relations entre les autorités et les patrons de médias, qui, sans  procédures claires, se retrouvent exposés aux pressions et à une forme de censure.

Dans ce cadre, Echourouk TV a subi un véritable coup tordu avec l'arrêt forcé de la production de ses deux principales œuvres, pour lesquels le groupe d’Ali Fodhil a investi des sommes colossales. 

Ces deux productions ont été tournées en Turquie avec le support technique et artistique d’une boite de production turque.  Il s’agit de « Rais Corso », qui est une série comique et le feuilleton dramatiques « Tilk El Ayam » dont l’intrigue se déroule pendant la décennie noire.

Plusieurs sources à l’intérieur du monde, très feutré de l’audiovisuel algérien, nous ont confirmé que l’arrêt des deux grosses productions de ladite chaine s’est fait à suite à un simple  coup de téléphone. Contactée par Maghreb Emergent, une source proche du groupe Echourouk  a confirmée que la cause du blocage de la diffusion est une censure, « la raison est en effet liée aux scénarii des programmes en question, qui n’ont pas plu aux autorités. Ces dernières ont trouvé ces productions trop critiques au point de menacer la stabilité du pays » affirme notre source.

«L’ambassadeur algérien en Turquie, a pris connaissance, un peu par hasard, du tournage, avait jugé, au vu de la thématique choisie, qu’il pouvait représenter une menace pour la continuité du pouvoir actuel en Algérie. Il a donc pris sur lui de contacté sa tutelle, qui a fini par activer le circuit administratif opaque qui a fait en sorte de demander au patron d’Echourouk  de couper court à la production. Ali Fodhil a donc pris la décision de céder aux pressions malgré le fait que le tournage était à 60% de sa fin », précise notre interlocuteur.

«Il faut noter que le Ministère de la culture avait donné une autorisation pour le tournage de ces deux productions, mais après l’incident, le département de Azzedine Mihoubi a retiré sa permission » ajoute la même source.  Mise sous pression notre source finit par nous livrer le fond de sa pensée qui est que ce sont des groupes médiatiques concurrents qui sont à l’origine du problème. Selon lui les concurrents ont monté des dossiers disant que « Tilk El Ayam » est finalement un feuilleton politique à l’intrigue bouillante qui traite des sujets sensibles relatifs à la décennie noire. Et que « Rais Corso »,  est une allégorie comique des années Bouteflika et de son règne. «On a fait croire que le terme ‘’Rais’’ qui désigne le capitaine corsaire était à prendre dans son sens littéral qui signifie Président et donc s’attaque directement à la personne de Abdelaziz Bouteflika d’une manière critique. Il semble aussi que les autorités et notamment le ministère de la Culture ont fini par comprendre que ces rapports ne sont qu’une campagne de calomnies contre Echourouk. Malheureusement, pour la chaine, il était  trop tard pour reprendre le tournage pour ce mois de ramadhan » conclut notre source.  

Un autre observateur de la sphère audiovisuelle en Algérie,  admet qu’il y aurait une autre hypothèse ayant mené à cette censure. « Le tournage s’est fait avec des producteurs turcs, qui sont connus par leur soutien à Fethullah Gülen, l’ennemi juré du président turc Erdogan, ce dernier voit Gülen comme vrai responsable de la tentative de putsch qui a secoué la Turquie en 2016. Raison pour laquelle les autorités turques ont contacté leurs homologues algériens pour mettre fin au projet d’Echourouk. Afin de garder de bonnes relations diplomatiques avec la Turquie, Alger a répondu positivement à la demande de l’arrêt du tournage  » explique notre contact.

De son coté le groupe Echourouk  a annoncé dans un communiqué signé par le président du groupe, Ali Fodhil, que « le tournage est arrêté de façon officielle et définitive depuis le 5 avril 2018 pour des raisons matérielles », mais sans donner plus de détails. En revanche Echourouk Tv a renforcé son programme ces derniers jours avec la grande production « Bougroune », une uchronie comique qui produite au départ pour Ennahar Tv.  La  productrice  de la série, Rym Ghazali, a annoncé dans un communiqué diffusé sur sa page facebook que sa maison de production et la direction commerciale d’Ennahar TV ne sont pas arrivé à un accord sur les modalités d’un contrat définitif.  Cette migration de Bougroune d’Ennahar Tv à Echourouk nous pousse à remettre en question l’argument financier avancé par le patron du groupe Echourouk étant donné le caractère conséquent des coûts de ce programme.

Au final, la liberté de ton qu’a connu les programmes ramadhanesques, qui sont passé du sketch « chorba » à de véritables superproductions au contenu social et politique avéré, a vite été rattrapée par la realpolitik surtout que ce Ramadhan est le dernier avant l’échéance présidentielle d’avril 2019.

 

 

 

 

 

 


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