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| Tarik Mira, député: «En Algérie, un jour où l’autre, les islamistes se rassembleront » |
Islamistes aux commandes du gouvernement au Maroc, après la Tunisie, les regards se tournent vers Alger. Tarik Mira, député indépendant, analyse les points de ressemblances et de dissemblances entre les processus de réforme marocain et algérien en prévention d’une contamination révolutionnaire. Pour lui le mode de gouvernance non démocratique des partis algériens n’aident pas à l’émergence d’une alternance interne. Les législatives au Maroc étaient censées illustrer la politique de réformes de Mohammed VI. En Algérie, le président Bouteflika a aussi promis plusieurs réformes… «Réforme», c’est un mot à la mode en ce moment au Maghreb… Ces réformes sont menées dans une même logique : les pouvoirs essaient d’anticiper la révolte populaire. Mais l’analogie s’arrête là. Les deux pays n’ont pas les mêmes structures, la même histoire, les mêmes mentalités. Je crois aussi que la volonté politique au Maroc est plus grande qu’en Algérie. Certaines voix s’élèvent pour dire que les réformes, en Algérie comme au Maroc, ont été «demandées» par les Occidentaux… L’Algérie est atteinte de ce que j’appelle «le syndrome libyen». La crainte de l’intervention d’une puissance étrangère est réelle. Mais je ne crois pas que les choses soient aussi mécaniques. Restons dans les comparaisons. Laquelle peut-on faire entre les islamistes marocains et algériens ? Je pense qu’aujourd’hui, l’opposition islamistes radicaux/islamistes modérés est biaisée. Les différences s’estompent car ils veulent tous entrer dans le jeu institutionnel. Quel que soit le pays, ils en sont arrivés à un stade de réflexion qui ne leur permet plus d’aller vers la violence. Ce qui est arrivé en Algérie en 1991 a servi de leçon aux Tunisiens et au Marocains. De la même manière que l’expérience de l’AKP en Turquie a servi de modèle. En Algérie, un jour où l’autre, les islamistes se rassembleront. La question est de savoir si cette fois, on va les laisser faire… Quand vous dites «un jour où l’autre», parlez-vous de mars 2012 ? On ne peut pas se prononcer pour l’instant. Tout dépend du mode de scrutin qui sera adopté et de la capacité des autres partis à se rassembler et à faire des propositions. Par exemple, si le courant démocratique –du FFS au RCD en passant par l’ANR, le MDS, le mouvement culturel berbère, les associations… -parvient à aller au-delà des vieilles querelles éradicateurs-réconciliateurs, il pourrait peser face aux islamistes plus qu’on ne le croit. Pour l’Algérie comme pour la Tunisie, le pouvoir est toujours celui qu’on met en cause. Mais est-ce qu’il ne faut pas aussi, pour parler de changement politique, poser la question du renouvellement du personnel politique ? C’est en effet un immense problème. Les partis sont dirigés par des zaïms. L’offre politique en Algérie reste peu crédible parce les partis ne fonctionnent pas de manière démocratique. Il faudrait renouveler les pratiques à l’intérieur même de ces structures pour que des femmes, des jeunes… émergent qu’il y ait une véritable alternance. |
Jeu, 24 Mai 2012 20:48
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