|
||||
| Banque Mondiale cherche décodeur arabe |
La Banque Mondiale a reçu comme un camouflet les révolutions arabes. Elle tente de rattraper le coup. La vice-présidente de la zone MENA (moyen orient, Afrique du nord) a changé, les priorités sont infléchies vers l'emploi et la responsabilité sociale. Mais la machine marquée par trois décennies de vent dé-régulateur a du mal à changer de logiciel. Dans la région arabe encore plus qu'ailleurs.
La Tunisie, l'Egypte et la Libye alignaient un taux de croissance moyen de prés de 4% de 2008 à 2010. Leurs gouvernements ont été balayés par la révolte populaire en 2011. Et à la Banque mondiale, comme au FMI, aucun rapport ne le laissait présager. La première s'est trompée de beaucoup, elle qui travaille de plus en plus avec les sociétés civiles. Elle a donc décidé de "mieux comprendre" les processus économiques dans la région. Avec une attention plus grande sur "la responsabilité sociale des gouvernements". Le président de la banque mondiale, l'américain Robert Zoellick a appelé en comité restreint ses collaborateurs proches de la région pour tenter de décrypter les révolutions arabes et savoir comment "travailler différemment dans la région". Il a, durant la semaine des rencontres annuelles qui vient de s'achever, consacré un séminaire à la zone Mena sur la question du "nouveau contrat social" dans les pays de la région et celle de "la responsabilité sociale" des gouvernants. A la tribune des "révolutionnaires" comme le ministre tunisien des finances, Jelloul Ayed, ou le vice-premier ministre égyptien en charge des finances, Hazem El-Beblaoui, ou encore le ministre turc de la coopération, Cevdet Yilmaz, à l'aise avec le thème des promesses électorales et de la manière de les tenir. La corruption, l'absence d'évaluations des politiques publiques, l'exclusion des citoyens des délibérations deviennent des éléments de l'analyse d'une économie et d'un pays. Et plus seulement le Doing business. "Nous devons faire en sorte que la croissance devienne inclusive à l'avenir": affirme Robert Zoellick le président américain de la banque mondiale. Le mot d'ordre est repris dans l'immeuble voisin du FMI. "Une croissance qui crée de l'emploi et distribue des revenus" explique Olivier Blanchard, l'économiste en chef du FMI. Un nouveau crédo qui se traduit par le retour de l'emploi en tête des préoccupations. "Cela fait très longtemps que la banque mondiale ne travaille plus directement sur l'emploi" observe un directeur africain de l'institution. Les révolutions arabes ont montré que même une politique audacieuse de formation, comme en Tunisie, peut s'avérer explosive si les emplois ne viennent pas à la rencontre des universitaires en fin de formation. "Les frustrations sont à la hauteur des attentes" a expliqué Mustapha Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie dans une table ronde intitulée "comment faire pour que la croissance soit plus inclusive" et dans laquelle le prix Nobel d'économie Georges Akerlof a puisé dans les cas égyptien et tunisien les illustrations de ce qu'il ne faut pas faire pour faire de la croissance sans emplois. La vice présidente de la région change Driss Ksikes, journaliste et dramaturge marocain indépendant a communiqué au sujet de l'impunité dans son pays devant un parterre de ministres de la région. Toutefois, la tentative de la Banque mondiale de se mettre plus à l'écoute des sociétés arabes pour changer le contenu de la croissance économique butte sur des pesanteurs. Celle de sa propre gouvernance en premier, une fois éteints les lampions des rencontres annuelles. La vice-présidente en charge de la zone Mena, la pakistanaise Samhsad Akhtat est "symboliquement", la première victime du printemps arabe. Elle vient de céder sa place à la danoise Inger Andersen précédemment vice présidente à la tête du réseau "développement durable". Le dynamisme et les qualités de leader de la nouvelle venue sont loués à Washington. Il reste que le travail de "réarmement" de l'approche des programmes dans la zone MENA, ou la Banque accompagne des gouvernements assiégés par leurs peuples, nécessitait peut être "un patron qui sait déjà tout de la région" du point de vue d'un ancien de la banque. De même les nouvelles idées mettent du temps à se creuser un chemin. Le dernier rapport sur la région MENA de septembre 2011 intitulé "investir pour la croissance et l'emploi", pointe la très faible efficacité des investissements publics "grandissants" dans la région, en particulier dans les pays pétroliers. Il relève dans le même temps la faiblesse de la dynamique du privé dans ces pays. Un constat qui fait date.
|
Jeu, 24 Mai 2012 20:48
Jeu, 24 Mai 2012 16:42
Jeu, 24 Mai 2012 16:20
Jeu, 24 Mai 2012 15:44
Jeu, 24 Mai 2012 14:43
Jeu, 24 Mai 2012 14:39
Jeu, 24 Mai 2012 11:12
Jeu, 24 Mai 2012 11:02
Jeu, 24 Mai 2012 10:51
Jeu, 24 Mai 2012 10:39
Jeu, 24 Mai 2012 10:26
Jeu, 24 Mai 2012 09:25
Jeu, 24 Mai 2012 09:13
Jeu, 24 Mai 2012 04:14
Jeu, 24 Mai 2012 04:11
Jeu, 24 Mai 2012 03:52
Jeu, 24 Mai 2012 03:47
Jeu, 24 Mai 2012 03:43
Jeu, 24 Mai 2012 03:40
Jeu, 24 Mai 2012 03:35
Jeu, 24 Mai 2012 00:46
Jeu, 24 Mai 2012 00:41
Jeu, 24 Mai 2012 00:35
Jeu, 24 Mai 2012 00:31
Jeu, 24 Mai 2012 00:26
Jeu, 24 Mai 2012 00:17
Jeu, 24 Mai 2012 00:12
Mer, 23 Mai 2012 12:50
Mer, 23 Mai 2012 12:47
Mer, 23 Mai 2012 12:37
Mer, 23 Mai 2012 07:40
Mer, 23 Mai 2012 07:32
Mer, 23 Mai 2012 07:27
Mer, 23 Mai 2012 07:23
Mer, 23 Mai 2012 03:01
Mer, 23 Mai 2012 02:54
Les plus commentés