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Libye - Le CNT contraint reconnaître l'autorité d'un conseil tribal à Bani WalidLes autorités libyennes ont reconnu mercredi l'autorité du conseil mis sur pied la veille par des dignitaires locaux à Bani Walid, ancien fief de Mouammar Kadhafi à 150 km au sud-est de Tripoli, dont des habitants avaient chassé lundi une milice gouvernementale. Salah al Maayouf, membre du conseil des anciens de Bani Walid, a annoncé que le ministre de la Défense Oussama al Djouali, en visite sur place, avait reconnu l'autorité de cette instance chargée d'administrer la ville. "Le ministre de la Défense nous a dit que, si nous, en tant que tribu, pensons que le nouveau conseil fonctionnera, alors il est convaincu que ce sera le cas", a-t-il déclaré à Reuters. "Nous lui avons dit que nous voulions faire en sorte que tout le pays soit paisible et que l'unité nationale était une priorité", a ajouté le dignitaire. Au ministère de la Défense, on confirme sans plus de précision le feu vert de Djouali. Lundi, des habitants de Bani Walid ont attaqué les casernes des forces fidèles au Conseil national de transition (CNT), au pouvoir à Tripoli, tuant quatre miliciens et forçant les troupes gouvernementales à se retirer dans les faubourgs. Bani Walid, bastion des Warfalla, tribu la plus importante de Libye, a été l'une des dernières villes à se rendre aux ex-rebelles, l'an dernier. Depuis, ses habitants se disent en butte aux vexations des représentants du nouveau pouvoir qui les considéreraient toujours comme des adversaires. En se retirant de la ville, les hommes du CNT avaient affirmé que la population brandissait des drapeaux verts, emblème de la Jamahiriah libyenne de Kadhafi. Des journalistes de Reuters qui ont pu s'y rendre mardi n'ont vu aucun drapeau vert mais plusieurs emblèmes rouge-vert-noir du CNT. Le nouveau pouvoir libyen est de plus en plus contesté, trois mois après la mort de Mouammar Kadhafi. Le vice-président du CNT, Abdoul Hafiz Ghoga, a présenté dimanche sa démission, trois jours après avoir été pris à partie par de jeunes manifestants à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et berceau de l'insurrection, l'an dernier. Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, également conspué samedi soir par des manifestants, a affirmé que la Libye risquait d'être entraînée dans "un puits sans fond" si la contestation violente des nouvelles autorités se poursuivait. Ces incidents illustrent le mécontentement d'une partie de la population qui exige la révocation des personnalités liées à l'ancien régime encore à des postes de responsabilités.(Reuters) |
Jeu, 24 Mai 2012 16:42
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